Des autoroutes durables pour Charest


Quand il est arrivé au pouvoir, Jean Charest a pris un engagement fort pour orienter son gouvernement et la fonction publique dans une démarche de développement durable. En grande pompe, la Loi sur le développement durable a été adoptée.

Enfin un élu qui a compris, m’étais-je dit alors, mi-enthousiaste mi-sceptique.

Charest me déçoit
Depuis, ma déception est grande. Pour moi, elle se manifeste surtout au chapitre du développement du territoire, plus particulièrement dans nos routes.

Sous les libéraux de Charest, voici les annonces qui ont été faites en matière de transport (voire réalisées depuis):

  • prolongement de la 30 (pour contourner Montréal vers l’Ouest),
  • pont de la 25 (pour faire le lien entre le nord-est de Montréal et Laval),
  • élargissement de la 175 (qui traverse le parc des Laurentides entre Québec et Saguenay),
  • prolongement de la 5 (qui relie Gatineau et Wakefield),
  • prolongement de la route 138 (sur la Côte-Nord),
  • la transformation du boulevard Ville-Marie en autouroute (qui relie l’est de Montréal au centre-ville).

Cet été, notre premier ministre y est allé d’une autre annonce avec le prolongement de la 19 (qui relie Bois-des-Filions, a nord de Laval, et la rue Papineau à Montréal).

Avons-nous les moyens?
Tous ces travaux coûteront quelque 15 milliards (voire plus). Or, au même moment, nous croûlons (sans jeux de mots) sous le poids de l’entretien des infrastructures existantes. Dans ce contexte, et en prenant compte du vieillissement de la population, ces travaux font foi d’une gestion épouvantable des deniers publics.

Voilà un gouvernement qui nous endette pour des décennies sans créer de valeur ajoutée. Au contraire, ils nous engagent dans un fardeau supplémentaire de coûts d’entretien en infrastructures.

Des conséquences à prévoir
Bien sûr, le bilan en transport n’est pas la seule incongruïté du gouvernement Charest par rapport à son engagement envers les principes du développement durable, comme le montre le bilan qu’en fait le Devoir. Si le prolongement d’autouroutes me préoccupe davantage, c’est parce qu’il est à la source d’un ensemble de problèmes:

  • Étalement urbain
  • Pression sur les terres agricoles et les habitats naturels
  • Perte de biodiversité
  • Dégradation de milieux humides
  • Intensification des déplacements automobiles
  • Augmentation des effets d’étranglement dans les points chauds du réseau routier

On pourrait en nommer d’autres. Comme je le disais, ma désillusion est grande. Le pire, c’est que si Charest fait ces annonces, c’est encore parce que c’est le meilleur moyen de récolter des votes.

J’ai l’impression que nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis.