Votre démarche DD est-elle extraordinaire?


Vaut-elle la peine qu’on en parle? Meriterait-elle un prix, une renconnaissance, si vous la soumettiez à un concours?

Probablement pas. De nos jours, imprimer recto-verso, recycler le papier et le plastique, composter les résidus biodégradables de cafétéria, voire occuper un bâtiment LEED, ne vous ferait pas gagner un Phénix de l’environnement.

Sans dire qu’ils sont banals, ce sont des gestes normaux dans une démarche de développement durable (DD). Bien sûr, ils jouent un rôle important, soit mobiliser le personnel et assurer une cohérence et une crédibilité par rapport à une politique de développement durable.

Or, se limiter à ces gestes n’est pas assez.

Définissez trois types d’actions

Une fois lancée, une démarche de DD doit évoluer. C’est pourquoi nous croyons chez ellipsos qu’un bon plan d’action en développement durable doit contenir trois types d’actions.

1. Des actions mobilisantes

Demander à tout le personnel de composter, de recycler ou d’apporter sa tasse à café réutilisable sensibilisent et mobilisent. Ces gestes sont essentiels pour impliquer toute l’organisation dans la démarche. Ils montrent une volonté de la direction et ils demandent une attention particulière, sans pour autant ajouter au travail quotidien de tous et chacun. Bien menées, ces actions serviront de tremplin à votre démarche.

2. Des actions économiques

Changer les ampoules ou remplacer les écrans d’ordinateurs par des écrans à faible consommation énergétique ne demandent aucun effort de la part des gens. Ils continuent de faire leur travail comme avant, mais la plus grande efficacité énergétique permet de réaliser des économies. Ce genre d’action est essentiel dans une démarche DD, car ils justifient le bien-fondé de celle-ci vis-à-vis les patrons, les actionnaires et les créanciers.

3. Des actions remarquables

L’un des endroits où une organisation peut faire les gains les plus substantiels en adoptant une démarche de DD est dans la colonne des ressources humaines (RH). Les gens, plus particulièrement les jeunes (génération Y), veulent travailler pour une organisation inspirante. Lorsque c’est le cas, les taux d’absentéisme et de présentéisme baissent, la productivité augmentent, le taux de roulement ralenti et les meilleurs talents frappent à votre porte.

Pour devenir une organisation inspirante, il faut faire plus que les actions mobilisantes et économiques. Il faut faire des actions remarquables.

Rona, la Société des alcools du Québec et Lumec, par exemple, sont trois organisations que je trouve inspirantes, ce qui n’étaient pas le cas il y a cinq ans. Les trois ont posé des gestes concrets, risqués et novateurs dans leur démarche de développement durable.

  • Rona a fait appel au CIRAIG pour développer la marque RONA ECO grâce à une approche cycle de vie crédible.
  • La SAQ a été la première entreprise au Québec à éliminer complètement l’usage et la vente de sac en plastique jetable.
  • Lumec a répondu aux critiques d’environnementalistes non pas par une campagne de gestion de l’image, mais en réinventant ses luminaires urbains pour lutter contre la pollution lumineuse.

Dans les trois cas, il a fallu du courage et du leadership pour aller de l’avant avec ces actions.

  • La méthode derrière la marque RONA ECO n’existait pas, mais elle a tout de même engagée ses fournisseurs (et beaucoup d’argent) pour la bâtir!
  • La SAQ s’est fait critiquer pour sa politique d’élimination des sacs jetables (elle a même fait l’objet d’une enquête de JE à TVA).
  • Lumec est une PME. Revoir la conception même de ses produits représente un investissement non-négligeable, voire risqué.

Si votre plan ne contient pas d’actions inspirantes et remarquables, il est temps de le réviser. Bien sûr, ce ne doit pas être votre première action. Mais l’inspiration doit être au coeur de votre démarche, sans quoi, vous ne profiterez jamais des gains les plus intéressants d’une approche de développement durable.