Non au protocole de Kyoto! On fait quoi maintenant?

Il semblerait que le premier ministre, Stephen Harper, va officiellement renoncer aux engagements du Canada envers le protocole de Kyoto. Nous devions réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6% en moyenne par rapport à 1990 au cours de la période allant de 2008 à 2012.

Aux dernières nouvelles, les émissions de GES du Canada étaient de 20 % en 2009 au-dessus de celles de 1990. Bref, que le gouvernement face cette annonce ou non, la situation est la même: le Canada est un cancre en matière de lutte aux changements climatiques.

Quand je pense à toutes les énergies déployées tant au pays qu’à l’étranger pour que le Canada s’engage dans Kyoto, pour arriver à ce résultat, c’est vraiment décourageant.

Alors? On fait quoi maintenant?

1. Nous continuons d’ignorer le problème, de repousser les échéances, bref de faire partie du problème.

C’est évidemment la position des Conservateurs. Il faut le reconnaitre, aussi frustrant soit-elle, cette stratégie offre beaucoup d’avantages.

  • Les combustibles fossiles contribuent de manière non-négligeable aux revenus de l’État partout au pays, donc à notre richesse collective.
  • Notre production de pétrole et de gaz est essentiellement destinée à l’exportation. D’un point de vue cycle de vie, ce n’est pas tout à fait honnête de nous mettre la responsabilité des émissions de GES alors que leur usage est consommé à l’étranger.
  • Le Canada aurait beau être le pays le plus avant-gardiste dans la lutte au réchauffement du climat, il demeure un acteur de soutien sur la scène mondiale, loin derrière les États-Unis, la Chine et l’Union européenne. C’est comme blamer un citoyen qui roule en SUV pour son choix de véhicule alors que la centrale au charbon voisine continue d’augmenter ses émissions sans contraintes. Le citoyen aurait beau troquer son camion pour une voiture hybride, voire un vélo, cela ne changera pas grand chose au problème.

Soit, cette option pourrait être envisageable si, et seulement si, nous nous engagions comme les Norvégiens a investir les revenus «sales» dans une transition vers une économie décarbonisée. Certains pourraient y voir de l’opportunisme, voire de la malhonnêteté. Ils auraient raison. Mais au moins, on irait dans la bonne direction.

2. Nous avançons sans le gouvernement

C’est le choix qui nous est offert présentement. L’absence du gouvernement dans ce dossier se traduit dans les entreprises par de l’inaction. Les décideurs ne veulent pas être victimes d’avoir bougé les premiers, pour plusieurs raisons:

  • Les réductions générées sans obligations risquent de ne pas être reconnues advenant une législation sous un autre gouvernement.
  • Les coûts du développement de nouvelles solutions ne sont pas subventionnés. Pourquoi payé pour quelque chose que votre concurrent aura à une fraction du coût?
  • Non seulement votre concurrent qui attendra les subventions courera-t-il moins de risques financiers, mais il aura vraisemblablement un marché en croissance le jour où le gouvernement enverra un signal clair.
  • Et non seulement aura-t-il des subventions et un marché en croissance, mais votre concurrent profitera des erreurs qu’auront fait les «early adopters». Après tout, même Steve Jobs, le fondateur d’Apple, a toujours profité des erreurs des autres pour créer ses «révolutions».

Deux conséquences

1. Sans signal clair, sans aide pour stimuler l’innovation, sans vision, le Canada ne sera pas un leader de l’économie émergente.

2. Les quelques entreprises qui innoveront vont se démarquer plus facilement à l’étranger. Parce que c’est là que le marché sera. Et parce qu’elles auront réussi sans soutien financier artificiel, leur solution sera plus compétitive. Malheureusement, ces entreprises seront l’exception qui confirme la règle.

Chose certaine, nous auront beau renier Kyoto, réélire Stephen Harper, adopter la pensée magique et remettre en question la science des changements climatiques, le problème ne disparaitra pas de lui-même. Tôt ou tard, il faudra trouver des solutions.

Alors, je vous le demande, on fait quoi maintenant?

Mise à Jour (MàJ): On dirait à la lumière de vos commentaires et du communiqué de presse d’une super initiative de l’INSP appelée Mon climat ma santé que, dans le fonds, le changement va se faire de la manière la plus efficace qui soit: par les racines! Les anglos appellent cela un grassroot movement.