Les limites du transport en commun

Je dois me rendre ce matin à Laval. De chez moi, il faut compter un peu moins de 15 minutes pour faire le trajet en auto. Mais je n’ai plus d’auto.

En transport en commun, je dois compter deux bonnes heures (!) en plus de marcher près de 1,5 km. Je vais le faire car je suis motivé… Mais, sérieusement, on voit là les limites du transport en commun.

Et ce n’est pas comme si j’allais au milieu d’un rang en pleine campagne. Je me rends dans une destination touristique de la ville (je vous entends rire. Oui, oui, il y a des attraits touristiques à Laval). Pire, le nouveau métro Montmorency y est à 8 km seulememt.

En fait, on voit combien l’autobus, le métro et autres tramway sont des solutions limitées. Pour que cela vaille la peine, le trajet doit desservir des zones densément peuplées. Le problème, c’est qu’à part quelques trajets déjà bien desservies, la plupart des destinations ne sont pas très «denses» à Montréal, encore moins dans le reste du Québec.

Augmenter la fréquence voire ajouter des autobus qui roulent vides la plupart du temps ne sont pas des solutions durables pour ces trajets moins achalandés.

Ce qui me désole, c’est que les solutions avancées sur la place publique tournent uniquement autour du transport en commun. Il faudra faire plus de place aux solutions qui incluent la voiture, comme:

  • Le covoiturage
  • La taxi-bus
  • L’auto-partage

Quand on dit qu’il faut repenser notre relation à la voiture, cela ne signifie pas l’éliminer complètement. Au contraire, la voiture est un mini autobus qui peut transporter au moins cinq passagers, parfois davantage. Elle offre beaucoup de flexibilité dans ses déplacements. Chaque ménage en a une ou deux. Et les économies possibles sont considérables (une voiture coûte autour de 8 000 $ par année en moyenne selon le CAA-Québec).

Le financement public englouti dans le transport en commun est démesuré par rapport aux investissements dans les solutions de covoiturage. Les nouvelles technologies (GPS, téléphones intelligents, paiement en ligne, etc.) permettent d’inventer un système de transport complémentaire aux autobus qui sera flexible, très économique, fonctionnel.

Il est temps de les inclure dans le débat public.

  • E Arcand

    Voilà une situation idéale pour faire appel à Communauto, dans le contexte d’un cocktail transport optimal, non?  Bien que ton déplacement s’effectue dans un cadre urbain, la configuration des infrastructures et le bassin modéré de clientèle à y desservir ne peut totalement faire abstraction de l’usage de la voiture, dans des cas bien précis. 

    • jstrudel

      En effet, bonne idée. Je suis d’ailleurs en démarche pour la paperasse… Le taxi aussi est une autre option. Mais la question demeure: est-ce normale d’avoir besoin de la voiture (même communauto) pour se rendre à 8 km d’une station de métro?

  • stefbrodu

    Bienvenue en Amérique du Nord ! 
    Nous payons le résultat de 40 ans de politique du royaume de l’auto et des pétrolières.  

    Il nous faudra une bonne crise énergétique pour que les choses changent.   Comme cela a été le cas en Europe en 1976.
    Cette crise à été l’avènement de nombreuses initiatives de transports en commun là-bas.
    D’ici là, il faut prendre notre mal en patience… ou déménager en Europe.  Nantes, Grenoble, Bordeaux, Toulouse… sont des villes rendues extrêmement agréables grâce aux transports en commun. 

    === Quel avenir ? ===
    À Québec, le problème du transport en commun et des stationnements autour des gros lieux de travail (ministères, banques, assurances, centre-ville)  devient une vraie risée : 
    – des gens qui prennent des billets mensuels de bus pour pouvoir bénéficier des parcobus pour garer leur voiture… plutôt que de payer des vignettes de ville et parce qu’il n’ont pas accès à assez de stationnement. 
    – 1h30 pour traverser la ville de part en part en “express”  avec seulement 2 allers-retours par jour  
    – Des autobus bondés… Où on veut offrir le Wifi… pour travailler debout dans 50cm carrés ?  
    – Quant au tramway, on peut peut-être espérer l’obtenir avant que le soleil de notre galaxie ne s’éteigne…

    Trop peu, trop tard.   Enfin, il n’est jamais trop tard parait-il.
    Voyons les choses positivement.

    === En attendant… === 
    Personnellement, consultant, vivant dans une banlieue dortoir non encore efficacement desservie par les transports en commun (malgré les beaux efforts en court), j’ai à me déplacer souvent et beaucoup pour visiter mes clients, le bureau, etc.  Notamment parce que beaucoup d’organismes s’accrochent encore à du management des années 70 et refusent obstinément le travail à distance (à domicile) ou à temps partiel (pour des raisons fallacieuses de sécurité de données, etc.)
    J’ai une Toyota Echo  vieille de 11 ans. Achetée neuve. Bonne à changer.  J’ai évalué la situation pour les 10 ans à venir et suis arrivé à la conclusion que ça prendrait environ ce temps là pour avoir un réseau  cyclable, de transport en commun et un changement social dans les habitudes de travail pour me débarrasser d’une voiture. 
    Dans l’attente j’ai donc décidé de la remplacer par une Nissan Leaf 100% électrique. À mon avis  le choix le plus écologique actuellement. Surtout au Québec. Mais pas à la portée de tout le monde : En plus du fait que c’est env. 160 km par jour max, cela va probablement nécessiter des changements d’habitudes (covoiturage rémunéré par ex.)  pour pouvoir en assumer les coûts.  Sinon, je devrais la revendre à perte.

    StefBrodu  

    • jstrudel

      Il faudra compter autant de temps (10 ans) pour avoir un réseau intéressant de recharge des véhicules électriques… Et au moins deux ans avant d’avoir accès à une Leaf (la liste d’attente s’allonge!). Cela dit, je suis bien d’accord, la Leaf est certainement l’alternative la plus intéressante actuellement, et de loin.

  • Cybele Rioux

    Très bon billet ! Je me souviens avoir travaillé à Laval alors que je restais à Montréal : 30 à 40 minutes en auto, 2h15 en autobus. J’ai dû acheter une voiture. Je demeure maintenant à Terrebonne. Pour me rendre à Ste-Thérèse en autobus, 25 minutes de voiture ou 1h45 d’autobus, qui passe par… Laval ! Au moins sur la rive-sud ils ont moyen de ne pas entrer dans Montréal…

    On dirait que les pouvoirs publics (et parfois les syndicats) tendent à mettre des bâtons dans les roues des initiatives de transport en commun non traditionnelles et citoyennes. Au nom de la sécurité, celle des passagers ou des postes syndiqués, il y a beaucoup de lenteur dans le transport…

  • Pierre Poirier

      Quand on ne peut avoir un permis de conduire ( dans mon cas à cause d’une vision trop faible ) , on est parfois prisonnier des Transports en commun. À Laval, hors-pointe, de nombreuses lignes sont aux heures, quand ce n’est pas aux 2 heures .

      en ce qui me concerne, ni le covoiturage ( puisque je n’ai pas de voiture ) , ni l’auto-partage ( puisque je n’ai pas de permis ) ne sont des options