Cinq leçons au sujet du Crowd Funding, et évitez de faire cette grave erreur

Un nouveau modèle de financement d’entreprises et de projets émerge depuis quelques années et il a ceci d’intéressant: il s’inscrit très bien dans un cadre de développement durable. Je parle évidemment du financement participatif, mieux connu sous Crowd Funding.

Du financement durable, vraiment?

Je dis qu’il s’inscrit dans une perspective de développement durable parce que:

  • il implique un large éventail de personnes intéressées: ami, membre de la famille, clients, etc.;
  • la démarche est publique, ce qui permet aux gens qui voudraient s’y opposer de le faire dès le début du projet;
  • vous n’êtes pas pris avec un capital à rembourser;
  • il n’y a pas de créancier pour vous réclamer de l’intérêt ou du rendement, ce qui conduit souvent à la dérive financière;
  • ceux qui vous financent sont, en bonne partie, ceux qui s’intéressent à votre produit : vous prouvez ainsi s’il y a un marché pour votre idée;
  • c’est démocratique: même ceux qui n’ont que peu de moyens peuvent contribuer à votre projet, si ce n’est qu’en le diffusant à leur réseau.

Mon expérience du financement participatif

C’est pourquoi j’ai voulu tester cette approche dans le cadre de la production de mon prochain livre. La campagne a été un beau succès, avec plus de 7200$ amassé par le biais du site de Crowd Funding et 4000$ directement, pour un total de plus de 11 000 $.

La campagne  a pris fin mardi dernier (merci à tous ceux qui ont participé), et je dois dire que j’ai appris beaucoup dans le processus.

Cinq leçons pour une campagne de financement participatif:

  1. Mieux vaut avoir un réseau solide avant de démarrer
    J’avais lu que la grande majorité des campagnes qui atteignent leur objectif de financement ont plus de 1000 amis Facebook. Je n’ai pas de compte Facebook, mais ce blogue attire attire quelque 5000 visiteurs unique par mois et j’ai plus de 1500 abonnés à compte Twitter.

    Cependant, c’est de mon réseau LinkedIn que j’ai eu le plus de contributions directes, qui compte autour de 600 contacts. Aussi, j’ai dû envoyer autour de 500 courriels personnalisés dans les premiers jours.

  2. Répétez au moins trois fois
    Des amis qui réalisent présentement une campagne pour financer un écoguide de voyage de Montréal ont calculé qu’il faut en moyenne trois relances pour que tous ceux qui veulent contribuer passent à l’action. Je n’ai pas fait de relance autre que par Twitter. Résultat, je reçois des courriels d’amis qui sont déçus d’avoir manqué la période de financement. Malheureusement, ça devient trop compliqué (mais pas impossible) d’accepter leur financement après coup. Je préfère gérer tout à un seul endroit dans le site de Crowd Funding.
  3. Français ou anglais?
    J’ai choisi un site de financement en anglais, Indiegogo, parce qu’il permet de recevoir le paiement des sommes amassées même si l’objectif n’est pas atteint. Par contre, du fait que mon site était en français, j’étais limité par la capacité d’attirer des «investisseurs» à partir de la plateforme Indiegogo, même si mon site avais plus de visibilité sur leur page d’acceuil.

    Aussi les sites francophones que j’ai vu avaient plusieurs inconvénient pour moi, notamment l’obligation d’atteindre son objectif mais aussi, des frais d’utilisation trop élevés (jusqu’à 15% des sommes reçues, par rapport à 4% pour Indiegogo).

  4. Attention aux taxes et autres frais cachés
    Ma principale erreur a été de négliger tous les frais qui sont soustraits du montant amassé. Il n’y a peut-être pas d’intérêts, mais les frais montent vite:

    >  frais de 4% d’Indiegogo (cela aurait été 9% si je n’avais pas atteint mon objectif);
    >  frais de 3% pour le traitement des cartes de crédit;
    >  25 $ de frais de transfert internationaux (le site est aux É.-U.);
    >  frais de 3% de PayPal;
    >  frais de conversion en devise canadienne (ce qui est fachant quand on pense que les clients ont aussi payé des frais pour convertir leur don en dollars US);
    >  taxes TPS et TVQ (qui sont incluses dans le montant) si vous avez vos numéros. Sachez que si vous ne les avez pas au moment de faire votre financement, mais que vous amassez plus de 30 000 $ en tant que travailleur autonome, le gouvernement vous réclamera la TPS et la TVQ pour l’ensemble de vos revenus.

    Par conséquent, sur les 7259$ reçus en financement sur le site, il me reste après tout cela seulement 5668$, soit 22% de frais de toutes sortes. OUCH! Ce qui m’a fait mal, c’est que je n’avais pas inclus les taxes dans les montants au moment de lancer la campagne. Quand je m’en suis rendu compte, il était trop tard: il n’était plus possible de changer.

  5. Avez-vous vraiment besoin d’un site pour recueillir votre financement?
    C’est étonnant de voir d’où vient le soutien pour votre projet, et le site de financement permet de diffuser votre projet plus largement. En revanche, je pense que j’aurais pu obtenir mon financement sans Indiegogo, car plus de 72% provient de quatre commanditaires (sur 74 participants).

    Cela dit, la campagne m’a permis de rejoindre un large public et de créer un «buzz» pour le lancement officiel du livre. Rendez-vous le 20 novembre pour voir à quel point cela aura été un facteur. 

 On s’en reparle…