Le nouveau secret de Wal-Mart pour réduire ses coûts d’opération

 

Wal-Mart: Le nouveau Géant Vert?

C’est bien connu, lorsqu’il est question de gestion serré des coûts, Wal-Mart est le chef de fil incontesté dans le monde. 

À un point tel que cela lui a permis de devenir le plus important détaillant de la planète, avec des ventes de plus de 400 milliards de dollars.
Pas étonnant, quand on sait que chacun des deux millions d’employés est entraîné à identifier et éliminer le gaspillage. La direction est obsédée par les chiffres. 
Dès le début, le fondateur Sam Walton pouvait, à tout moment du jour ou de la nuit, demander à ses directeurs les revenus de la veille, par pied carré, ou alors le taux de roulement des stocks. Ces directeurs avaient donc tout intérêt à connaître les réponses par cœur!
Ce qui est étonnant, en revanche, ce sont les centaines de millions de dollars d’économies découverts à la suite d’une opération qui, au départ, visait davantage à calmer les groupes de pression du géant américain.
Cette opération a si bien fonctionné qu’elle est aujourd’hui au coeur de la stratégie de Wal-Mart. Et, la bonne nouvelle, c’est qu’elle produira les mêmes bénéfices dans tous les types d’organisation, y compris la vôtre.
Pour mieux comprendre comment Wal-Mart a pris ce virage, il faut remonter dans le temps, en 2004, au cours d’un voyage de plongée sous-marine, au Costa Rica.

Plongée sous-marine

Rob Walton, fils du célèbre fondateur de Walmart, Sam Walton, était en voyage avec un ami, Peter Seligmann, le cofondateur du Conservation International, une des plus importantes ONG environnementalistes de Washington.
Au cours de ce voyage de plongée, Peter Seligmann a montré à Rob Walton comment les bateaux de pêches détruisaient les magnifiques zones côtières, qui abritent parmi l’une des plus riches biodiversités marines.
Voulant protéger ce trésor mondial, Rob Walton a offert à son ami de financer à coup de millions son organisation afin de lui donner les moyens d’intervenir. 
Peter Selligman l’a regardé dans les yeux, puis il lui a répondu : 
« Ce qu’il faut, c’est changer la manière dont fonctionne toute l’industrie. Si tu veux vraiment faire une différence, sers-toi de l’influence de ton entreprise. »
Quelques semaines plus tard, les deux hommes étaient dans le bureau de Lee Scott, alors président de la chaîne. Ils lui ont expliqué comment Wal-Mart pouvait être – devait être – la locomotive d’une transformation sans précédent. 
Après tout, se disaient-ils, qui d’autre que Wal-Mart peut avoir un tel impact ?

Une vision est née

L’une des premières actions de Lee Scott a été de faire évaluer la performance environnementale. En tant qu’expert dans ce domaine, je peux vous affirmer que cela n’a pas dû être une mince tâche. 
De fait, il a fallu près d’un an à un groupe de 12 personnes pour faire le diagnostic.
Le résultat a surpris la direction, à commencer par Lee Scott lui-même. 
En effet, malgré la réputation maladive de Wal-Mart pour l’élimination du gaspillage, la petite équipe a découvert, à travers leur loupe environnementale, de nombreuses pertes et inefficacités, coûtant plusieurs millions de dollars à la célèbre entreprise.
Un exemple parmi plusieurs autres, Walmart jetait par les fenêtres quelque 26 millions de dollars, par année, en carburant pour sa flotte de camion et ce, uniquement à cause de la marche au ralenti des moteurs.
Pour contrer ce gaspillage, l’entreprise a installé des petits moteurs auxiliaires qui alimentent la climatisation ou le chauffage de la couchette des chauffeurs.
Au total, seulement en suivant les recommandations qui ont été mises en place la première année, on parle de près de 60 millions de dollars d’économies récurrentes. 
Et ça, c’est un langage que Lee Scott et son équipe comprenaient sans aucun effort.

« Pensez-y, a-t-il dit à ses employés dans un discours. Ce que nous jetons à la poubelle, nous avons dû payer pour l’acheter. Autrement dit, nous le payons deux fois : une fois pour l’acquérir, et une autre fois pour s’en départir. Or, pourquoi ne renverserions-nous pas tout cela ?
« En effet, qu’arriverait-il si nos fournisseurs évitaient, dès le début, de nous envoyer ce que nous jetons d’emblée ? Qu’arriverait-il si tout ce qu’ils nous acheminent avait de la valeur comme matière recyclée ? Bref, plus de déchet, et nous serions payés pour la matière recyclable. »
C’est, selon moi, à ce moment que s’est matérialisée la vraie vision d’un Wal-Mart écoresponsable.

Et vous?

Combien d’argent pourriez-vous économisez dans votre organisation si, comme Wal-Mart, vous regardiez vos activités à l’aide d’une loupe environnementale? 
Que vous faudrait-il faire pour, à votre tour, matérialiser une vision de développement durable?
Vous pouvez me répondre dans la section commentaires ci-dessous. Je lis toutes vos réponses et, qui sait? Cela m’inspirera peut-être un prochain billet de blogue.

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Ce texte est originalement paru dans l’édition du mois de septembre 2013 du magazine Commerce & industrie Rive-Sud, de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud.