L'écotourisme est-il un non sens?


 
Le tourisme peut-il être durable? 

Prendre l’avion pour aller plonger en Australie, skier en Alaska ou faire du kayak au Costa-Rica, contribue à l’émission de milliers de tonnes de gaz à effet de serre (GES) difficiles à compenser, même avec les meilleures intentions quant au choix de la destination.
Réduire à la source reste encore le meilleur moyen de réduire son impact sur l’environnement. L’achat le plus écologique est celui que l’on ne fait pas… Le tourisme n’échappe pas à ce principe.

L’écotourisme, au même titre que le charbon propre, serait-il donc un non sens?

Une chose est sûr, le concept ne fait pas l’unanimité. Depuis qu’il est apparu il y a quelques années, il est critiqué autant qu’encouragé. 
Certains reprochent aux destinations écotouristiques de n’utiliser le terme que dans un but de marketing. D’autres estiment que si l’on voulait vraiment protéger un lieu, on ne devrait tout simplement pas y donner accès. 
Et enfin, l’argument qui tue : qu’est-ce que ça donne de pratiquer de l’écotourisme si l’on doit prendre l’avion pour se rendre à destination?

Réglons une chose tout de suite : ce n’est pas demain que l’on arrêtera de voyager! 

Des études démontrent que se déplacer pour sortir de son quotidien est un besoin si fort chez l’être humain que c’est le seul, à part bien sûr manger et dormir, qui est présent dans toutes les cultures! Loin de moi l’idée de nous rendre tous coupables de voyager, mais plutôt celle de voir comment nous pouvons le faire plus intelligemment.
D’abord, entre deux destinations, mieux vaut quand même choisir celle qui répond aux critères de l’écotourisme. Car le concept n’a pas que des défauts. 

Bien fait, il entraine de véritables retombées pour les populations locales. 

Dans une perspective d’un développement durable, qui ne tient pas seulement compte des effets de nos actions sur l’environnement mais aussi de leurs retombées sociales et économiques, l’écotourisme est préférable. Parce qu’il est basé sur le respect des communautés, il permet d’apprendre des autres cultures, de nous sensibiliser à d’autres réalités. 
Bref, cela fait de nous des citoyens plus ouverts et conscientisés. J’en connais beaucoup qui ont revu leur rapport à la consommation en rentrant d’un voyage dans un pays en développement.
Pour les communautés, il s’agit également d’une source de revenu essentielle qui permet aux locaux de perpétuer leur culture tout en vivant dignement. Le commerce équitable à son meilleur, quoi. 
Bien qu’il faut reconnaître que la présence de touristes a des impacts nuisibles, ce que les destinations écotouristiques s’emploient à minimiser, il serait injuste de ne pas considérer les retombées positives. 

Par exemple? 

Il m’est  arrivé de voir un système de récupération des déchets accessible à toute la population d’un village reculé du Honduras, ce qui n’auraient pas été possible sans la présence des étrangers. 
Les résidants ont même créé une aire protégée dans la montagne pour conserver la beauté des lieux, ce qui a freiné la coupe forestière et limité les risques de glissement de terrain.

Le Slow Travel, vous connaissez?

Mais la clé d’un véritable tourisme durable réside peut-être dans le concept de Slow travel, qui privilégie entre autres des moyens plus lents, plus humains et plus écologiques de se déplacer quand on veut visiter un autre pays, comme le vélo ou le train. 
Le slow travel, c’est aussi de prendre 30 jours pour visiter un pays, plutôt qu’un pays par jour… Bref, voyager peut-être moins souvent, mais plus longtemps, où encore diminuer le nombre de villes à voir dans un même séjour. Et surtout, éviter autant que possible les déplacements régionaux en avion.
La prochaine fois que vous planifierez un voyage, pensez d’abord à prendre votre temps. Comme l’a déjà dit un ami cycliste au retour d’un périple de cinq ans autour du monde: 
 «L’avion et la voiture sont d’excellents moyens pour se rendre du point A au point B. En revanche, le vélo et la marche permettent de vivre ce qu’il y a entre le point A et le point B». 
N’est-ce pas là, après tout, l’essence même qui nous amène à voir du pays?

Avant de partir… j’aimerais savoir deux choses:

 1. Prévoyez-vous partir au cours de vos vacances d’été? Si oui, quel mode de transport allez-vous utiliser? Je suis particulièrement curieux de savoir s’il y en a parmi vous qui choisissez volontairement d’éviter l’avion pour réduire votre impact?

2. Allez-vous favoriser une destination «écotouristique»? Laquelle et pourquoi?

Répondez à l’une ou l’autre de ces questions dans la section commentaire ci-dessous. 
Et si vous pensez à quelqu’un qui aurait besoin de lire ce billet avant de partir, partager-le. Vous lui rendrez service (et à la planète aussi)!
 




 
  • Fred

    La question mérite d’être posée mais elle part d’un postulat qui est
    contestable : l’écotourisme ne concernerait que les destinations
    lointaines ! Eh bien non … l’écotourisme peut commencer à partir de
    chez soi. Vous pouvez prendre votre sac à dos et vous rendre à la gare
    la plus proche ou bien prendre votre vélo et partir pour un séjour
    itinérant. Avec l’écotourisme, il faut “décoloniser” les imaginaires et
    changer de repères. Et puis l’écotourisme c’est également entrer en
    contact avec les habitants, comprendre les lieux que l’on visite,
    solliciter les services d’un guide local et surtout prendre son temps.
    Fred – professionnel du tourisme de pleine nature en Languedoc Roussillon et sud Massif Central.

  • Myriam

    Pour moi, il est clair, depuis plusieurs années, que je ne prends plus l’avion. Cette décision s’est prise lorsque j’ai appris que c’est le moyen de transport le plus polluant par tête de passager. Cette décision s’est aussi renforcé lorsque, en tant que montréalaise de naissance, j’ai découvert le Québec et ses magnifiques régions : Gaspésie, Côte-Nord, l’Archipel des îles de Mingan, le Fjord ect.

    J’ai accepté de prendre l’avion il y a 2 ans pour le 65e anniversaire de mon père et le 40e anniversaire de mariage de mes parents. Nous sommes allés dans le sud dans un tout inclu. J’ai par contre investi pour compenser mes GES et j’ai aussi suggéré aux membres de ma famille d’en faire autant.

    Vous aurez donc compris, que cet été je reste au Québec et je fais du covoiturage.

  • Joyce

    Oui, je suis sensible aux voyages en avion. Ça tombe bien car mon idéal de vacances c’est du vélo-camping. Après avoir fait le Vietnam en 2007, le Québec en 2010, la Suède et le Danmark en 2011, c’est l’Ontario pour 2014. Le plaisir de l’aventure est tout aussi rempli de péripéties que l’on soit à 10 000km ou simplement 1000km de chez soi…