La technique déculpabilisante d'un comptable pour sauver la planète

L’autre jour, à la télé, j’écoutais un expert comptable prodiguer ses conseils à une jeune femme endettée par dessus la tête.

Ce qu’il proposait était non seulement plein de sagesse… Mais, c’est aussi l’approche que nous devrions adopter pour sauver la planète.

Voici grosso modo comment le comptable entendait régler les dettes de la jeune femme (je paraphrase):

«Je pourrais vous dire de couper vos dépenses au minimum. Je vous dirais alors d’arrêter de vous acheter des lattés, de laisser tomber votre abonnement au cable et de porter les mêmes vieux vêtements pour encore un an ou deux.

«OUBLIEZ ÇA!

«Pourquoi? Parce que même si je le faisais, je sais très bien qu’au bout de quelques semaines, ce serait un échec. Il y a deux raisons qui expliquent pourquoi.»

Primo: à vouloir tout changer on ne change rien

«Pas parce que vous n’êtes pas motivées. Je sais que vous l’êtes. Mais parce que c’est un changement trop grand par rapport à vos habitudes actuelles.

«Ce n’est pas en arrêtant de faire tout de ce que vous aimez que vous allez développer des habitudes saines de consommation.»

Deuxio: ça ne donnera (pratiquement) rien

«À la fin du mois, vous serez découragées de constater à quel point TOUS vos sacrifices ne vous auront pas fait progresser vers votre objectif de Dette zéro.
«La réalité, c’est qu’il vous faudrait vous priver de lattés pendant les 20 prochaines années uniquement pour rembourser une seule de vos cartes de crédit!»

Voici ce que vous allez faire…

«Nous allons nous attaquer à un seul poste de dépense à la fois. Nous ciblerons en priorité que ceux qui ont un réel impact sur votre bilan financier. Et le premier que nous allons cibler est celui des TRANSPORTS.

«Voici ce que je vous demande de faire au cours du prochain mois:

«Vous devez diviser par deux vos dépenses liées à votre voiture. Prenez-vous de la manière dont vous voulez: faites du covoiturage, prenez le métro, marchez… Je m’en FOUS!

«Tout ce qui m’importe, c’est qu’à la fin du mois, votre facture de transport soit 50% ce qu’elle est aujourd’hui.»

Et si on faisait la même chose pour sauver la planète?

Son discours m’a séduit.

Parce que nous avons exactement le même problème lorsqu’il est question d’environnement. On s’enfarge dans les fleurs du tapis. Vous savez, ce genre de conseils:

  • Fermez l’eau du robinet quand vous vous brossez les dents.
  • Lavez tous vos contenants avant de les recycler.
  • Apportez vos sacs réutilisables à l’épicerie.
  • Éteignez les lumières dans les pièces non utilisées.

La liste pourrait être bien plus longue.

Tous ces petits gestes sont importants pour préserver la planète, nous dit-on.

Chaque petit geste compte, nous dit-on.

On entre alors dans la culpabilisation des autres. Je l’admet: il m’arrive de demander un sac en plastique jetable. Non je n’ai pas toujours une bouteille réutilisable avec moi…

Résultat? Les gens décrochent… c’est trop compliqué. Voyez:

– «Chérie, est-ce que je dois prendre le produit local suremballé ou celui bio qui vient de Californie?»

– «Prend donc le moins cher!»

Et, surtout, ça ne donne (presque) RIEN.

Comparez avec ceci…

En s’inspirant de l’approche du comptable, il suffit d’identifier la UNE activité qui produit la majorité des impacts environnementaux et de s’attaquer d’abord à celle-ci.

Au Québec et en France, environ les trois quarts des émissions de GES des particuliers sont produites justement par LES VOITURES. Tiens, tiens… Intéressant!

Donc, en coupant de moitié notre facture de déplacement, nous éliminons d’un seul coup plus du tiers de nos impacts sur le climat… toute autre activité confondue!

**BONUS** On économise aussi beaucoup de sous au passage, si l’on se fie à ce comptable.

Ensuite, seulement, devrait-on poursuivre notre action vers d’autres actions.

Comment prioriser et les 9 questions à se poser avant d’acheter

Parlant de bonus, pour ceux qui veulent aller plus loin dans cette notion de priorisation des achats, je partage avec vous aujourd’hui le chapitre 9 de mon deuxième livre (Le grand mensonge vert).

Dans ce chapitre, intitulé 9 questions pour acheter moins idiot, je parle justement d’une manière de prioriser nos décisions «écolos» pour éviter de se sentir coupable et débordé par un excès d’information et de choix (c’est à la toute fin dans la section Priorisez vos recherches).

9 questions pour acheter moins idiot
1. Quel est mon besoin ?
2. Contribue-t-il aux 3RV ?
3. Est-il fait pour durer?
4. Est-il sain ?
5. Est-il équitable ou local ?
6. Est-il performant ?
7. Est-il abordable ?
8. Est-il multifonctionnel ?
9. Si tout le monde faisait comme moi, qu’arriverait-il ?
Le jeu des comparaisons
Priorisez vos recherche
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Une fois que vous aurez lu cette technique de priorisation…

… Je vous invite à me laisser un commentaire ci-dessous en précisant quels trucs vous utilisez déjà pour réduire votre facture liée au transport.

Ça ne prendra pas deux minutes et votre commentaire pourrait inspirer un autre lecteur à en faire autant (une bonne façon de contribuer à améliorer votre Environmental Handprint)…

Par ailleurs, si vous n’êtes pas d’accord avec cette approche «comptable», j’aimerais savoir pourquoi. Je lis tous vos commentaires.

–Jean-Sébastien

P.S. Je voulais remercier chaleureusement tous ceux qui ont participé de près ou de loin au prélancement du programme Job de rêve.

Vous avez été des centaines (je n’exagère pas) à vous manifester et je suis très enthousiasme à l’idée de voir grandir ce projet. Encore merci et soyez assurés que je vous tiendrai au courant des résultats…

  • Pierre Lemasson

    J’ai pris cette décision il 15 ans en m’abonnant à VRTUCAR (Ottawa) et l’équivalent COMMUNAUTO (Gatineau et Montréal). Mon économie a été de 70% instantanément. Plus de frais d’entretien, d’essence, de stationnement, de licence, d’assurance, ni de paiements d’achat. Avec cela j’inclus que chaque mois je louais une voiture neuve, 3 jours durant pour une fin de semaine à Montréal.
    Actuellement il y a plus de 2000 véhicules en auto-partage sans compter CAR2GO dans la région de Montréal. C’est une question de qualité de vie. En rapprochant mon domicile de mon travail généralement en ville, j’ai réduit mes coûts et temps (!) de transport. Je trouve toujours un véhicule disponible à 6 heures d’avis à 5 minutes de marche, et des fois plus loin si je réserve sur le champ. La seule objection que certain ont est que des inconnus partagent la même voiture.