Les métiers du développement durable: Les tendances en 2016

Les métiers du développement durable

 

À quoi ressemblera le marché de l’emploi pour les professionnels du développement durable cette année?

Quelles sont les tendances?

Quel est le portrait des métiers du DD, y compris les salaires?

Ce sont des questions qui me sont régulièrement posées…

Avec raison.

Car les choses ont beaucoup évolué depuis deux ou trois ans.

À preuve, le 11 octobre 2012, on pouvait lire dans journal Les Affaires:

« Le secteur du développement durable est en croissance. […] C’est un peu comme le début de l’Internet où les entreprises ont commencé dans les garages. Puis, leur expertise et leur compétence se sont consolidées.»

L’imbécile qui faisait cette affirmation… c’était moi!

À ma défense, je n’étais pas seul à être optimiste. Mais bon, la suite ne m’a pas donné raison.

C’est pourquoi j’ai décidé de faire une mise à jour aujourd’hui!

La première cause du problème…

C’est un fait, il y a un eu un énorme déséquilibre entre l’offre et la demande.

L’offre, c’est l’une des deux causes du problème:

Il y a trop de diplômés…

Depuis sept ans maintenant, les universités québécoises offrent un nombre croissant de diplômes avec une spécialisation en lien avec le développement durable.

J’avais déjà calculé, il y a quelques années, qu’environ 300-400 nouveaux professionnels du développement durable sortaient des universités par année.

C’est énorme!

En comparaison, il y a 800 nouveaux médecins diplômés par année au Québec…

Pas étonnant dans ce contexte que le commentaire que je reçois le plus sur ce blogue est lié à la difficulté à trouver un emploi.

D’ailleurs, mon billet le plus populaire en près de 10 ans d’existence de ce blog est encore celui sur les salaires… 

L’autre problème, plus important encore, est…

… la taille du marché!

Au Québec, le nombre d’employeurs qui embauchent des experts en développement durable et responsabilité sociale est limité depuis 2012.

On peut verifier cette réalité sur les sites d’emploi spécialisés, comme novae.ca (qui a un babillard d’emploi) et engages.ca.

Idem pour le nombre d’entreprises qui font appels aux services de consultants externes.

Cela dit:

Il y a de la lumière au bout du tunnel…

Mais avant de vous dire pourquoi je suis enthousiaste et de vous parler de ce que je vois pour les prochains mois dans ma boule de crystal…

J’aimerais vous présenter le portrait des métiers du développement durable réalisé par Birdeo.

Birdeo est une firme française, fondée par Caroline Redoux, qui se spécialise dans le recrutement de professionnels «des nouveaux enjeux sociétaux».

Publié en 2015, ce portrait du marché de l’emploi est très révélateurs.

(NOTE: Si vous voulez en savoir plus sur le marché de l’emploi, inscrivez-vous ici pour assister à mon prochain webinaire sur les métiers du développement durable et l’art de trouver un emploi en accord avec vos valeurs. MISE À JOUR: Le webinaire est terminé. Vous pouvez cependant cliquez sur le lien pour suivre la prochaine rediffusion).

Voici les 5 principales conclusions:

1. C’est un secteur très diversifié

De quoi parle-t-on au juste quand il est question des métiers du DD et de la RSE?

Eh bien, de tout ça!

Metier-developpement-durable-1

Ça va du consultant en développement durable à l’expert en investissement responsable, en passant par les métiers associés à l’environnement, la communication, la qualité, la santé-sécurité, le design, et j’en passe.

Ça pourrait facilement devenir un fourre-tout, mais il y a tout de même une couleur qui teinte les métiers du DD et de la RSE.

2. Un secteur en mutation

D’aprés l’étude:

  • Le secteur se professionnalise.
  • Les métiers de diversifient et se spécialisent.
  • La RSE et le DD s’intègrent de plus en plus à tous les métiers de l’entreprise.

Je préciserais qu’au Québec, ce dernier point est LA grande tendance.

Plusieurs entreprises ont maintenant intégrée les objectifs DD dans la planification stratégique, ce qui fait que tous les dirigeants ont leur part de responsabilité de la performance RSE de leur organisation.

3. Les experts ont de l’expérience

Il y a quelques années, je me souviens d’une dirigeante qui se plaignait qu’elle n’avait reçu aucun CV en réponse à son offre d’emplois.

Pas étonnant, elle demandait entre 5 et 10 ans d’expérience en DD et RSE…  Ça n’existait à peu près pas!

D’après l’étude de Birdeo, la situation a évolué.

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Ainsi, la moitié des plus de 30 ans ont déjà eu au moins trois expériences de travail dans le secteur.

À mon avis, le Québec a un léger retard par rapport à la France ici, mais il est clair que le nombre de candidat qui ont deux à trois expériences –et plus de 5 ans– dans le secteur n’est plus marginal.

4. Un emploi en accord avec ses valeurs

Autre constat de l’étude qui m’a interpellé:

«Les valeurs et l’envie de donner un sens à son emploi sont la première motivation dans le choix de carrière dans le DD et la RSE».

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Je peux affirmer avec un niveau de confiance assez élevé que c’est aussi le cas au Québec.  

Mieux encore, une fois embauchés, les répondants sont heureux dans leur emploi.

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Notamment, ce n’est pas un travail monotone ou ennuyant, et les gens se sentent utiles et reconnus. 

Très vrai!

5. Mais est-ce payant?

Si on se fie aux réponses obtenues dans mon sondage maison – quelle est votre salaire? –, force est de constater que les deux extrêmes co-existent.

Certains sont très bien rémunérés, alors que d’autres se font carrément exploités (compte tenu du nombre d’années passées sur les bancs d’école).

En France, il semble aussi qu’il y ait un écart important, surtout fondé sur l’âge.

Metier-developpement-durable-4

On parle ici d’une différence de plus de 100% entre un jeune dans la vingtaine par rapport à un employé dans la cinquantaine…

Reste qu’avec une moyenne annuelle à 55 000 € (soit environ 80 00 $ CAD) pour un cadre, ce sont des métiers somme toute bien rémunérés.

Je n’ai pas trouvé de chiffres équivalents pour le Québec.

Sur salary.com, on constate qu’un coordonnateur aux services environnementaux gagne environ 91 000 $ à Montréal. 

salaire-coordonateur-environnement

Bien que ça donne une indication, il y a trop de différences méthodologiques pour réellement comparer ces deux données.

Chose certaine, des emplois palpitants, utiles – et bien payés – pour ceux qui cherchent un métier en lien avec leurs valeurs, ça existe!

(NOTE: Pour voir comment les trouver, inscrivez-vous à mon prochain webinaire gratuit. MISE À JOUR: Le webinaire est terminé. En suivant le lien, vous pourrez vous inscrire pour la prochaine rediffusion.)

Ce qui m’amène à vous parler des bonnes nouvelles…

Je ne ferai pas l’erreur de me prononcer publiquement sur la tendance du marché une deuxième fois.

Par contre, je vais partager avec vous ce que j’observe depuis quelques mois (c’est très encourageant)…

  1. L’élection de Justin Trudeau comme premier ministre du Canada a mis fin à près de 10 ans du régime de Stephen Harper. (Ouf!) Depuis, il y a un vent de fraicheur qui déferle dans la communauté d’affaires, et l’intérêt des décideurs pour les questions liées au développement durable, à l’environnement et à la RSE est grandissant.
  2. La COP 21 a aussi un effet stimulant dans les milieux d’affaires (en plus d’avoir rendu le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, plus «sensible» aux questions environnementale depuis sa rencontre avec Al Gore).
  3. La fin de la période d’austérité, combinée aux projets d’infrastructures dans les municipalités, vont offrir de nouvelles possibilités d’emplois pour les professionnels du DD.
  4. La faiblesse du dollars, et la relative santé économique du marché américain, aident les entreprises manufacturières d’ici qui cherchent à exporter leurs produits.Or, aux États-Unis comme en Europe, il y a de plus en plus de barrières non-tarifaires fondées sur la bonne performance sociale et environnementale.Cela oblige donc les fabricants québécois à se mettre à jour et à embaucher pour former le personnel et assurer la mise en oeuvre à l’interne.
  5. Seul bémol: la précarité des emplois et le niveau des salaires demeurent des enjeux importants de ces métiers, ici comme en Europe.

J’ai aussi demandé à d’autres observateurs du marché de l’emploi de se prononcer…

Voici ce que Pascal Lépine, président d’Atypic et propriétaire du site engages.ca, voit


Nous observons une hausse constante de l'intérêt des employeurs, particulièrement pour des emplois où la dimension sociale est importante. Les entreprises d'économies sociales gagnent beaucoup d'intérêt, et elle ne sont plus perçues comme des organismes marginaux par la communauté d'affaires.



Pascal Lépine
Pascal Lépine Atypic

Pour aller plus loin…

Si vous cherchez un emploi en lien avec le développement durable et la RSE, payé à votre juste valeur, je partagerai dans un webinaire ce que j’ai appris au cours de mes 10 ans de métiers dans ce secteur.

Je reviendrai aussi sur l’étude de Birdeo et les tendances du marché de l’emploi en 2016…

Et je répondrai à toutes vos questions pour vous aider à séduire les patrons (avec votre démarche de développement durable).

Si ça vous intéresse, vous n’avez qu’à vous inscrire:

==> Cliquez ici pour réserver votre place maintenant.

Coût? C’est gratuit.

Quand? Jeudi 10 mars à 10h (Québec) / 16h (France)

MISE À JOUR: Le webinaire a été enregistré. En cliquant sur le lien, vous pouvez vous inscrire pour la prochaine rediffusion, ce jeudi.

Si vous n’êtes pas disponible mais que la conférence vous intéresse, inscrivez-vous quand même. Je vous enverrai l’accès à l’enregistrement.

Maintenant, c’est votre tour…

Pour m’aider à préparer le webinaire (même si vous ne comptez pas y assister), j’aimerais savoir, dans la section des commentaires:

  1. Avez-vous déjà un métier dans le DD et la RSE? (Précisez).
  2. Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre travail?
  3. Qu’est-ce que vous aimeriez le plus changer?

C’est tout.

Comme toujours, je lis tous vos commentaires, alors n’hésitez pas!

À jeudi!

— Jean-Sébastien

  • Jean-Jacques Drieux

    Une bonne partie de mon emploi concerne le développement durable.
    Ce que j’aime le plus est de me sentir utile car j’arrive finalement et avec le temps à convaincre de plus en plus de collègues autour de moi et aussi parce que ce que nous faisons en tant qu’entreprise incite nos concurrents à nous suivre.
    J’aimerais changer la perception générale que les gens ont du développement durable. Ce n’est pas juste l’environnement. De plus, je voudrais que la volonté politique soit beaucoup plus existante.

    • Comme toi, je pense qu’en impliquant et en responsabilisant davantage les employés dont le titre n’est pas nécessairement lié au DD et à la RSE, nous serons en mesure de changer les perceptions. Tu en es bien la preuve 🙂

  • Catherine Dufour Rannou

    Bonjour !
    Ça fait 2 ans que j’ai terminé ma maitrise en Éco-conseil au Saguenay. J’ai toujours eu des contrats en DD depuis. Mais ç’est la première fois que j’ai un temps plein présentement. Et les contrats n’ont pas tombés du ciel ! Il a fallu énormément d’implication, d’engagement bénévole et de temps pour y parvenir. C’est la clé à mon avis ! Ça, et le réseautage; régional et provincial ! Durant ces 2 années, aucun des emplois et contrats que j’ai eu ne s’est effectué par l’entremise d’un processus formel d’embauche ! Souvent, du bouche-à-oreille, un rappel pour un projet avec mon CV en main, une opportunité ponctuelle ou encore, une proposition de service comme travailleuse autonome ! Le plus beau là-dedans, c’est que ça permet de maintenir un bon niveau d’adaptabilité, de flexibilité, de débrouillardise et de créativité. Restez actif et être à l’affût de l’actualité DD est très important également !
    Belle découverte que je viens de faire ici !! Bonne journée !

    • Merci Catherine. Le bouche à oreille et le réseautage sont la clé. Selon certaines statistiques, jusqu’à 80% des emplois ne sont jamais affichés! C’est dire… Au plaisir d’échanger 🙂

  • Isabelle Lebon

    bonjour, je suis chef de projet DD et RSO depuis 5 ans en France dans un organisme public. J’accompagne le personnel au changement de comportements, je mets en application le plan stratégique RSO avec des objectifs environnementaux et sociaux.
    J’anime des réunions avec une équipe de volontaires afin de créer des événements innovants sur diverses thématiques du DD, et fédérer les agents autour des principes et des gestes du DD. Ce que j’aime le plus c’est qu’il s’agit d’un travail très actif et très mobile, je consacre beaucoup de temps à étoffer mon réseau et rencontrer des professionnels qui vont m’aider à progresser dans mes connaissances et m’aider à diffuser les bonnes pratiques dans mon Entreprise. Le DD a un champ d’action extrêmement large à dimension planétaire alors il y a toujours quelque chose à faire,il faut tout le temps se documenter, il n’y pas jamais de routine dans ce métier. Ce que j’aimerais changer, c’est l’attitude des Managers ou Directeurs, qui sont souvent les seuls freins, même s’ils ont bien compris que le DD fait partie de la stratégie d’entreprise, ils ne sont pas tous encore convaincus des effets positifs, et ont des à priori et des inquiétudes face aux changements de méthodologie et de management que cela implique. Avec la RSE, les rapports entre l’homme et son entreprise changent. Il faudrait beaucoup plus sensibiliser les dirigeants, et beaucoup plus inscrire le DD et la RSE dans les cycles de formations des futurs dirigeants, parceque le soutien d’un dirigeant motivé sur ce sujet est important pour dynamiser l’ensemble du projet, et donner faire passer le message d’une prise de conscience et de responsabilité.